Les amoureux éternels Héloïse et Abélard

Héloise et Abélard

Porte de la maison d’Héloise et Abélard

Nous sommes au XIIe siècle. Pierre Abélard, brillant intellectuel, enseigne la philosophie et la théologie à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le chanoine Fulbert, qui vit quai aux Fleurs sur l’Ile de la Cité, demande à ce professeur de renom de devenir le précepteur de sa nièce, Héloïse, âgée de 17 ans. Abélard en a alors 36, et est rapidement séduit par l’esprit et la beauté de sa nouvelle élève.

L’attirance est trop forte, et, faisant fi de l’éducation qu’ils ont reçue, ils vont vivre une passion charnelle… Arriva ce qui devait arriver, et de cet amour nait un enfant, qu’ils prénomment Astrolabe. Le couple confie le bébé à la famille d’Abélard, et peu de temps après la naissance, s’unit en cachette. Lorsque l’oncle d’Héloïse découvre ce mariage secret, il crie au scandale et dénonce Abélard, qui a trahi l’église. Le philosophe est sévèrement puni, et finit émasculé. Héloïse, quant à elle, part se cloitrer à l’abbaye d’Argenteuil et devient abbesse du couvent du monastère le Paraclet.

Abélard se retire à l’abbaye Saint-Denis où il devient moine et y poursuit ses travaux philosophiques. Mais leur histoire ne s’arrête pas là. Séparés physiquement, ils poursuivent leur fougueuse passion à travers une correspondance des plus romantiques et spirituelles, dont voici un extrait :

« Mon bien‑aimé, le hasard vient de faire passer entre mes mains la lettre de consolation que tu écrivis à un ami. Je reconnus aussitôt, à la suscription, qu’elle était de toi. Je me jetai sur elle et la dévorai avec toute l’ardeur de ma tendresse : puisque j’avais perdu la présence corporelle de celui qui l’avait écrite, du moins les mots ranimeraient un peu pour moi son image […] Tu sais, mon bien‑aimé, et tous le savent, combien j’ai perdu en toi ; tu sais dans quelles terribles circonstances l’indignité d’une trahison publique m’arracha au siècle en même temps que toi ; et je souffre incomparablement plus de la manière dont je t’ai perdu que de ta perte même. Plus grand est l’objet de la douleur, plus grands doivent être les remèdes de la consolation. Toi seul, et non un autre, toi seul, qui seul es la cause de ma douleur, m’apporteras la grâce de la consolation. Toi seul, qui m’as contristée, pourras me rendre la joie, ou du moins soulager ma peine. »

A la mort d’Abélard en 1142, Héloïse réclame sa dépouille et l’enterre secrètement au Paraclet. Lorsqu’elle disparaît à son tour 22 années plus tard, son corps est déposé dans le tombeau de son mari, comme elle l’avait souhaité. La légende raconte qu’Abélard lui ouvrit les bras pour la recevoir et les referma sur elle, la tenant embrassée, à jamais.

En 1817, la mairie de Paris fait rapatrier les dépouilles de ce couple mythique au cimetière du Père-Lachaise, où l’on peut admirer leur dernière demeure.

De nombreux amoureux s’arrêtent régulièrement devant la façade de la maison de l’île de la Cité, où ils se sont rencontrés, qui est ornée de deux médaillons gravés dans la pierre, représentant le portrait des amants éternels.

Une bien belle histoire à retrouver lors des visites Les légendes du Paris Maudit et Les Liaisons dangereuses.

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